LE MYSTÈRE DE LENSEIGNEMENT
EN PARABOLES

DANS LÉVANGILE DE MARC

Jésus répond à l’accusation délirante des scribes pour montrer qu’elle ne tient pas debout. Si Satan se dressait contre lui-même, son entreprise ne ferait pas long feu. La thèse est absurde. D’autant plus qu’elle est formulée par les plus instruits des Juifs, les guides spirituels d’Israël. Jésus parle à leur sujet de blasphème contre l’Esprit saint pour lequel il n’y a pas de pardon. Voilà une idée qui doit être clarifiée.

Ces scribes de Jérusalem sont au bénéfice d’une promesse en vertu de la responsabilité qui leur est confiée pour tout Israël. Où la trouve-t-on ?

Où est Celui qui les a fait monter de la mer, avec les bergers de son troupeau ? Où est Celui qui mettait en eux son souffle sacré (rouah qadesho) ? (Es 63.11)


Qui sont ces bergers, en qui Dieu a mis son Esprit saint ?
Il est entendu qu’il s’agit de Moïse et Aaron. Il les a oint de son Esprit pour les rendre capables de prendre soin de son peuple d’Israël. Paître Israël sans la ressource de l’Esprit saint est chose impossible. Dieu le sait, et il accorde son Esprit aux leaders de son peuple.

Livre de l’Exode, ch. 18 (parasha Yitro)

Lorsque Jéthro (beau-père de Moïse) a fait une visite au camp d’Israël, il s’est rendu compte que Moïse se tenait assis du matin au soir pour juger le peuple. Il lui dit : Que fais-tu là ? Pourquoi es-tu assis là tout seul, et pourquoi tout le peuple se tient-il debout devant toi du matin au soir ? (…) Tu t’épuiseras, toi comme ce peuple qui est avec toi : la tâche est trop lourde pour toi…

Jéthro lui a suggéré de partager la tâche avec des hommes de valeur qui craignent Dieu et détestent les gains malhonnêtes. Ce qui implique un partage du pouvoir, de l’autorité. Moïse a écouté le conseil de son beau-père. C’est l’institution des Juges (Chofétim).

Josué a succédé à Moïse comme leader du peuple au temps de la conquête :

Josué, fils de Noun, était rempli d’un souffle de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui. Les Israélites l’écoutèrent, ils firent ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse. (Dt 34.9)

En écoutant Josué, ils se trouvent à faire ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse. Car Moïse et Josué sont animés du même Esprit.

Mais attention ! Être au bénéfice de cette promesse n’est en aucune façon une garantie que la volonté de Dieu sortira de la bouche du juge dans n’importe quelle condition. L’Esprit assiste, mais il ne contraint pas (1Co 14.32). Le juge peut très bien lui résister, et même le trahir. L’humain demeure toujours corruptible.

Voici ce qui est dit des chefs du temps d’Ésaïe, du temps des rois :

Tes chefs sont rebelles et complices des voleurs,
tous aiment les pots-de-vin et courent après les récompenses ;
ils ne font pas droit à l’orphelin, et la cause de la veuve ne les préoccupe pas.
(1. 23)

Les chefs sont corrompus. Et des prêtres du temps de Malachie – après le retour de l’Exil :

Car les lèvres du prêtre gardent la connaissance ;
c’est à sa bouche qu’on demande la loi,
parce que c’est un messager du Seigneur des Armées.

Mais vous, vous vous êtes écartés de la voie,
vous avez fait trébucher une multitude au moyen de la loi.
Vous avez violé l’alliance des lévites, dit le Seigneur des Armées.
(2. 7-8)

Ils égarent le peuple. Les mots-clé : vous avez fait trébucher une multitude au moyen de la loi. Pourquoi ? Parce que les chefs ont une grande influence et conséquemment, une grande responsabilité. Le judaïsme repose sur une structure d’autorité. Le peuple s’en remet généralement aux décisions des Sages.

En déclarant que Jésus tenait son pouvoir du prince des démons et non de l’Esprit de Dieu, les scribes n’ont pas seulement dit une stupidité. Ils ont volontairement nié l’évidence, se servant de leur autorité pour détourner Israël de son espérance, de son Messie. Ils ont prouvé leur mauvaise foi. Ce faisant, ils ont blasphémé contre l’Esprit saint - qui leur avait été donné pour faire tout juste le contraire. Leur péché est aggravé du fait qu’il est relié à leur position de guides du troupeau de Dieu. Ses conséquences sont immenses. Ils ont fait trébucher une multitude au moyen de la loi.

Graphou - Troisième de dix