Un reste reviendra (chear yachoub)

Le livre de la Genèse propose plusieurs récits qui se rattachent à la notion d’un reste de survivants, pour l’humanité dans son ensemble aussi bien que pour Israël en tant que peuple de Yahwé. Ce motif répond à une préoccupation existentielle, celle de la survie du clan, de la nation ou de l’humanité entière.

Le récit du déluge (Gn 6.9 – 8.22) insiste sur le double aspect du jugement et de la grâce : l’humanité est jugée en raison de ses œuvres iniques, mais sa survie est préservée par un juste qui a obtenu la faveur de Dieu. L’humanité bénéficie alors d’un nouveau bail.

La tradition de Loth (Ibid. 18) insiste à nouveau sur la justice de Dieu, qui sait distinguer entre le juste et l’injuste, et elle insiste encore sur le rôle salvateur des juste au milieu des iniques. Malheureusement, ces justes sont trop peu nombreux, et le jugement s’abbat sur les cités impies.

Avec la tradition de Jacob et Ésaü (Ibid. 32), donc à l’intérieur du peuple élu, s’ajoute un autre motif, celui d’une mise à l’épreuve d’Israël, qui vise sa transformation – Jacob devient Israël – et qui ouvre la voie à sa réconciliation (avec Ésaü dans le récit).

Le motif du reste et celui de l’épreuve est repris dans l’histoire de Joseph, où il atteint son sommet : les fils d’Israël sont mis à l’épreuve par Joseph, le frère trahi, jusqu’au moment de leur repentance (Ibid. 42-44). Joseph se fait alors reconnaître de ses frères, il leur accorde le pardon et « la survie par une grande délivrance ». Cette tradition conjugue l’accent universaliste de la première tradition au destin particulier d’Israël, déjà évoqué dans l’histoire de Jacob. Le salut de l’humanité est de la sorte étroitement associé à la conversion d’Israël.

Le prophète Osée (ch. 2) insiste encore sur cette destinée d’Israël, répudiée pour ses nombreuses infidélités, mais qui sera reprise par son mari au terme d’une série d’épreuves n’ayant d’autre but que de l’amener au repentir. Avec Ésaïe, le motif du jugement purificateur est repris en rapport avec celui du reste qui reviendra (Es 10.22,23). Le reste, c’est la communauté eschatologique des derniers jours, communauté des convertis d’Israël, marquée par une conduite sainte et une foi vibrante. C’est elle qui sera l’héritière des promesses et verra la « semence » d’Abraham devenir « innombrable comme le sable de la mer ».

L'emploi du motif du reste dans les chapitres 9 à 11 des Romains

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Si toi tu as été retranché de l'olivier franc, à plus forte raison seront-ils greffés selon leur nature sur leur propre olivier. (Rm 11.24)